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Critique littéraire de Rêve d'enfant
http://www.ars-legendi.com/
"J’avais envie de raconter une histoire, seulement, je suis une piètre conteuse.
Je n’ai jamais lu de romans, et encore moins ce dont tout le monde parle dans
mon pays, les contes qui font rêver les enfants. Loin de moi l’idée de penser
que je n’ai jamais été une petite fille, bien au contraire, je crois l’être encore.
Alors, j’ai préféré la vivre cette histoire qui me trottait dans la tête lorsque je
fermais les yeux. Je l’ai vécue quelque part, là, tout près de ce que je ressentais
lorsque tu effleurais mes peurs ; là où s’abstiennent les hurlements hystériques,
les douleurs de crispation incontrôlées que l’on déverse négligemment
lorsque l’on n’ose exprimer librement ses sentiments. Cette histoire, j’ai
préféré la vivre plutôt que la retranscrire en choisissant des mots vaporeux,
des symboles, des allégories issus des recueils de poésies, des livres de philosophie.
" C'est par ces mots que s'ouvre le second livre d'Aurélie Gravallon Combier,
se présentant comme un recueil de lettres. Elle y évoque son enfance, tranquille,
mais hantée par l'absence d'un père disparu avant sa naissance, sa mère, la seule
femme de sa vie, mais aussi les hommes qu'elle a aimés, et notamment l'un d'eux,
Pierre, médecin, mais qui n'a pas su lui donner ce dont elle rêvait. Avec ses mots,
ses faiblesses et ses doutes, la narratrice, Solange, fait le bilan d'une vie amoureuse
assez banale, celle que bien des femmes ont pu connaître aussi, et trace en filigrane
le portrait d'une jeune femme ordinaire, ébranlée par la vie, mais qui conserve
malgré tout un mince espoir, et trouve refuge dans la peinture, ces toiles qui jalonnent
le texte et viennent lui répondre...
Je n’ai jamais lu de romans, et encore moins ce dont tout le monde parle dans
mon pays, les contes qui font rêver les enfants. Loin de moi l’idée de penser
que je n’ai jamais été une petite fille, bien au contraire, je crois l’être encore.
Alors, j’ai préféré la vivre cette histoire qui me trottait dans la tête lorsque je
fermais les yeux. Je l’ai vécue quelque part, là, tout près de ce que je ressentais
lorsque tu effleurais mes peurs ; là où s’abstiennent les hurlements hystériques,
les douleurs de crispation incontrôlées que l’on déverse négligemment
lorsque l’on n’ose exprimer librement ses sentiments. Cette histoire, j’ai
préféré la vivre plutôt que la retranscrire en choisissant des mots vaporeux,
des symboles, des allégories issus des recueils de poésies, des livres de philosophie.
" C'est par ces mots que s'ouvre le second livre d'Aurélie Gravallon Combier,
se présentant comme un recueil de lettres. Elle y évoque son enfance, tranquille,
mais hantée par l'absence d'un père disparu avant sa naissance, sa mère, la seule
femme de sa vie, mais aussi les hommes qu'elle a aimés, et notamment l'un d'eux,
Pierre, médecin, mais qui n'a pas su lui donner ce dont elle rêvait. Avec ses mots,
ses faiblesses et ses doutes, la narratrice, Solange, fait le bilan d'une vie amoureuse
assez banale, celle que bien des femmes ont pu connaître aussi, et trace en filigrane
le portrait d'une jeune femme ordinaire, ébranlée par la vie, mais qui conserve
malgré tout un mince espoir, et trouve refuge dans la peinture, ces toiles qui jalonnent
le texte et viennent lui répondre...
Il est difficile d'appréhender une oeuvre aussi personnelle que celle-ci, malgré
la réfutation de toute tentative d'interprétation autobiographique, marquée par
la distanciation de l'auteur et du narrateur, qui ne portent pas le même prénom.
Néanmoins, on sent que les souvenirs et les anecdotes abondent dans ce texte,
même s'ils sont parfois transposés
ou transformés.
ou transformés.
Difficile aussi de s'immiscer dans ce monologue
manifestement adressé à un homme, dont on
ne sait bien finalement s'il est réel ou non, si l'héroïne
l'a connu ou non, s'ils ont vécu une histoire ensemble...
Le lecteur a par moments l'impression d'être laissé
sur la touche, simple spectateur d'une relation
épistolaire qui se joue devant ses yeux, relation
dont il devient, presque malgré lui, le voyeur.
Malgré quelques petites maladresses,
le style est fluide, souvent poétique,
le style est fluide, souvent poétique,
avec de jolies trouvailles. De plus, les très belles
peinturesà l'acrylique qui viennent illustrer le texte
avec tout un système d'échos et de réponses ajoutent
une note d'onirisme à l'ensemble, et soulignent
à merveille l'évolution de la narratrice, les tons
gris-bleus du début laissant peu à peu place à des
couleurs plus chaudes, ocre, marron, jaune,
comme si l'héroïne surmontait progressivement
ses angoisses et ses peurs pour s'affirmer.
Le titre lui-même est fortintéressant, dans la mesure
où l'on ne sait si le complément du nom est objectif ou subjectif : s'agit-il d'un rêve enfantin,
d'un rêve fait pendant l'enfance, ou du rêve d'avoir un enfant, interprétation corroborée par la
présence, sur une des toiles, d'une femme enceinte, la main délicatement posée sur son
ventre arrondi ? Sans doute un peu des deux, et le texte se garde bien de lever de manière
définitive cette ambiguïté, laissant le lecteur se faire sa propre opinion. Malgré la banalité du
sujet, l'auteur parvient à échapper aux clichés du genre, et nous propose un ouvrage
très prometteur, tant sur le plan de l'écriture que sur celui de la peinture. A suivre, donc,
et en attendant, vous pouvez visiter le blog de l'auteur : www.philironie.com.
Par Elisabeth Bennet
