Atelier Garden Party

jardin fleuri, Acrylique, 80 cm x 80 cm
il y a 5 jours








Le 3 juillet, 1 rue du Pavillon, Croix-Rousse
à partir de 16h jusqu'à 19h
Atelier pour enfants
Tous niveaux
Peinture, coloriage, découpage
Autour du jardin fleuri et Rosetta
Gratuit


Travail sur les fleurs

http://www.aufeminin.com/jardins/langage-des-fleurs-d29718c364251.html

Langage de la tulipe...
En cours

Rêve d'Enfant (extrait)



A toi,


J’avais envie de raconter une histoire, seulement, je suis une piètre conteuse. Je n’ai jamais lu de romans et encore moins ce dont tout le monde parle dans mon pays, les contes qui font rêver les enfants. Loin de moi l’idée de penser que je n’ai jamais été une petite fille, bien au contraire, je crois l’être encore. Alors j’ai préféré la vivre cette histoire qui me trottait dans la tête lorsque je fermais les yeux. Je l’ai vécue quelque part, là, tout près de ce que je ressentais lorsque tu effleurais mes peurs ; là où s’abstiennent les hurlements hystériques, les douleurs de crispation incontrôlées que l’on déverse négligemment lorsque l’on n’ose exprimer librement ses sentiments. Cette histoire, j’ai préféré la vivre plutôt que la retranscrire en choisissant des mots vaporeux, des symboles, des allégories issus de recueils de poésies, de livres de philosophie, même si, il y a des philosophes plus poètes que les poètes eux- mêmes. Dans mon cœur, Michel Onfray est l’un d’eux. Un homme qui me laisse songeuse. Un simple pamphlet dans ses mots prendrait la tournure d’une vérité, ôtant orgueil et médisance, une simple beauté généreuse qui ne demande rien hormis d’être écoutée.


Je suis une femme, une femme imbue quelquefois, pas pire qu’une autre, pas meilleure. Une femme à jamais rassasiée de ce doute lancinant, de ce dièse qui caresse son tympan : quel homme es-tu ? Et, par là même, quelle femme suis-je ? Tu rêvais d’un enfant. Je rêvais d’être la mère de tes enfants qui aurait rendu à ton visage le sourire, l’onctuosité, à tes larmes le rire. Étions-nous des âmes sœurs pour autant ? Ces âmes qui se comprennent en un regard, qui n’ont besoin ni de mots, ni de gestes. À l’ombre de l’apesanteur, elles décryptent l’imperceptible refrain comme si l’autre était son reflet, son alter ego, sa mélodie sans fin. Si on m’avait dit, il n’y a pas si longtemps, que les âmes sœurs existaient, je t’aurais ri au nez, digne d’une érudite qui croit tout savoir sur la réalité, digne d’une timorée qui dissimule sa vérité. Assise près de toi, j’aspire le parfum délicat qui émane de ta peau marbrée de veinules, légèrement velue, ondoyant le long de tes frêles et puissantes jointures ; le parfum d’une fleur des prés ouverte sur le sentier d’un paradis terrestre, le jardin des souvenirs.



Je n’ai plus vingt ans. Je n’ai plus l’âge de l’insouciance, celle qui animait mon orgueil d’illusions immortelles. Faiblesse passagère, avec lenteur, la fragilité de mon instinct m’enivre de sensations comme une bise tournoie avec patience, grandiose, subtil effet d’improvisation, et rompt l’énigme de ton silence, l’essence de ton sourire que tu esquisses à travers la vie, à travers le temps.

(éditions Rêve d'Enfant, 2010, Rêve d'Enfant)

Rêve d'Enfant (extrait 2)



Aujourd’hui, au bord de ma fenêtre, je souris lorsque j’entends Adèle et Mickael, deux adolescents qui entre deux bouffées de nicotine parlent de leurs prouesses, de leurs conquêtes féminines sous le préau du lycée entre leurs allégations sur l’inutilité des équations mathématiques, les intervalles et je ne sais encore. Cela me paraît si loin ces bancs d’école où j’entendais sans écouter. Adèle a des parents stricts. Il n’a le droit qu’à une sortie par semaine, le samedi jusqu’à minuit ; celle qui obnubile ses pensées s’appelle Sophie. Sophie a une paire de « tchoutch » phénoménale selon lui ; elle a de grands yeux noirs, une chevelure aussi longue que les jambes d’Adriana Karembeu. Adèle a de longs cheveux châtains brushés à la mode L’Oréal. Il porte au coin de la joue droite deux petites cicatrices, des traces d’anciens pugilats. Sa hargne est lisible sur ses bras. Ses muscles sont tendus, ses poignets sont raides, ses cuisses sont frêles. Il a le regard absorbé d’un spectre, un corps qui se balance constamment de droite à gauche. Il me rappelle Pascal, ce punk avec lequel je dormais dans les halls d’immeuble. L’œil cinglant, il me contait son vagabondage dans les rues de Berlin, d’Amsterdam. Ses combats dans les hangars. On errait dans les bars, on squattait les jardins publics. On nous scrutait, on s’en foutait. Il me surnommait « Poison », un tag que je n’ai jamais vraiment compris d’ailleurs. Le poison, c’est venimeux, intriguant, mortel. Sa gabardine sentait le poisseux des ports d’Hambourg, ses chaussures coquées étaient râpées jusqu’à ses orteils. Ses journées étaient rythmées par la mendicité, la faim et le froid.




On écoutait Noir Désir, Bérurier Noir. Il pétait comme un zouave au nez des gens, le plat le plus carminatif était le kebab sur le bord de la Saône en train mater la lune argentée, les cimes des peupliers de l’autre côté effleurant cette capsule imperméable, lumineuse comme le halo d’un ange invisible ; on rigolait comme des fous. On était heureux, heureux simplement de se foutre des apparences, de se foutre de nous tout simplement. Notre aventure n’a duré que deux semaines, j’ai l’impression néanmoins qu’il vit encore… ce regard d’enfant.

(éditions Rêve d'Enfant, 2010)

Gones dans l'âme


Sortie le 5 juin disponible dans toutes les librairies en France et à l'Etranger
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